|
|
ne bique beurette, fort experte à complaire
Fut nommée par le Prince, Grand Maître des collèges.
Sa tâche était fort simple : il fallait que ses frères
Ses cousins sarrasins, sa mère et ses trois pères,
Depuis fort peu de temps, arrivés de Norvège
Fassent bénéficier les coquelets du cru
Des immenses bienfaits de leur pieuse culture :
Comment battre sa femme sans trop laisser de traces,
Comment violer sa sœur, écraser les sous-races,
Vendre du cannabis et brûler les voitures.

Pour ce faire, il fallait qu’ils puissent s’exprimer
Dans l’exquise parlure que disaient les locaux,
Une langue exigeante, complexe et raffinée.
Sa syntaxe était dure ; sa grammaire, un brûlot,
Son orthographe était joliment difficile.
Il fallait réformer, et rendre tout facile !
Ecueils furent gommés, difficultés, bannies
Chausse-trappes, comblées, et traquenards, détruits,
Afin que les andouilles paraissent fort habiles.
Trois lois, vingt commissions, puis deux cents réunions
Accouchèrent d’un truc, nous brisant les arpions.
Ce n'était pas assez, il fallait démolir
Ce qui était françien, il fallait déconstruire.
« Mais ceci ne vaut rien » s’écria un zombi
Rescapé des pavés des mois de mai jolis.

« Il faut savoir entendre ce que veulent nos frères,
Et ne pas entraver leur créativité.
Il faut nous affranchir de l’antique grammaire
Rejeter l’orthographe, briser le prohibé.»
Chacun put donc écrire ainsi qu’il le voulait,
Si bien qu’en peu de temps, personne ne comprenait
Ce qu’un autre écrivait. Lire devint inutile,
Ecrire le fut aussi. Il fut du dernier cri
D’être un analphabète. Molière, fut un prix
Zola, un footballeur et Verlaine, un vinyl
Hugo, un coquetel(*) et Voltaire, un fauteuil.

Les zombis exultaient : « Adieu tous les chefs-d’œuvre,
Qui enchaînaient la France à tous ces phtiriases.
Enfin nous avons fait, du passé table rase !
Ensemble marchons tous, vers un sombre futur»
Ensemble nous fêtons cette multi-culture,
Cette poly-culture, cette pluri-culture,
Vantant le vivre-ensemble de nos éco-tartuffes,
Cette trufficulture, qui nous prend pour des truffes
"La connerie ne s'additionne pas, elle se multiplie."
Max le menteur
|