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ne échassière ossue, experte à courtiser,
Fut nommée par le Prince, Grand Maître des lycées.
Sa tâche était fort simple : il fallait orienter
Les savoirs ancestraux vers la modernité.
Autrefois, les dindons, au sortir de l’école
Savaient lire et compter, écrire et calculer.
Ils connaissaient les Arts, les sciences agricoles,
Connaissaient la tekhnê et savaient disserter,
Faisaient des juges droits, des maires vertueux,
Des commerçants habiles et fort industrieux.
Démêlant sans soucis le bon grain de l’ivraie,
Lorsque venait le temps de choisir leurs édiles,
Leurs votes fusionnés, chassaient les imbéciles.
La bastide était riche ; ses gens étaient en paix.
Mais il fallait changer, réformer, transformer,
Afin que les dindons soient aisés à duper.
Les hiboux, ces bons maîtres, quittèrent les écoles
Et furent remplacer par de pâles lucioles.
Très bons devinrent bons, moyens furent médiocres,
Médiocres furent nuls et nuls furent des cruches.
Après quelques réformes et quelques cabrioles,
Tous les sujets du Prince pensaient comme des bûches.
Ils ne savaient plus lire, ne savaient plus compter
Ne savaient plus écrire, regardaient la télé,
Avalant les sornettes qui leur étaient contées.
Arriva le grand jour, celui des élections,
Qui, en démocratie, permet aux troufignons
De se faire désigner pour puiser dans la caisse,
Dès lors qu’ils se plieront aux voeux de Son Altesse.
Les piétons sont élus ; ils se mettent à marcher
Vers l’avenir fienteux des Cinquante Merdeuses
Sur le sentier ruiné des Trente Glorieuses,
Que Quarante Piteuses avaient vandalisé.
Freluquet déclara, Voltaire mentionnant,
« Il est indispensable aux gueux d’être ignorants »
Moralité : "De l’éducation de son peuple ; dépend le destin d’un pays"
Benjamin Disraeli (1804-1881)
Nota :
(1) citation authentique
(2) parmi le millier de positions amoureuses expérimentées par le commissaire San Antonio
(3) chanson bien connue des etudiants en medecine
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