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ans les rues de Moscou, la nuit était tombée.
Un glas lugubrement se mit à sonnailler.
Les hurlements des loups montèrent dans le lointain.
Les passants attardés, se hâtaient sous la neige
Pour se mettre à l’abri de la fureur des glaives.
Des soldats s’agitaient dans la cour du Kremlin.
Les dernières photos n’annonçaient rien de bon :
Freluquet s’entrainait. Cognant sur des bidons,
Rembourrés de guimauve, le cruel guerrier
Qui sommeillait en lui, venait de s’éveiller.
Le monde entier trembla. « Chéri, tu me fais peur »
S’exclama Mamita, « Maîtrise tes ardeurs,
Ce n’est pas le moment d’aller chercher des noises
Aux cohortes de gueux qui peuplent le Caucase.
« Il est de mon devoir de sauver Clochemerle,
Son clocher, son bedeau, son école et son maire
Son bar-tabac, mais avant tout son beaujolais »
« Va mon Agamemnon (1), va cours vite et nous venge (2),
Mais surtout n’oublie de boire un verre de lait
Avant de te coucher. » « C’est aujourd’hui dimanche
Je serai de retour dans huit jours au plus tard ;
Ce sera suffisant pour claquer le boyard ».
Soucieux de préserver, la vie de ses guerriers
Vladimir proposa de le faire à l’ancienne :
La guerre il y aurait, mais sous forme olympienne.
Les chefs s’affronteraient en combat singulier,
Tel Achille et Hector, sur les Champs Elysées.
Sous les hourrahs poussés par la foule en fusion,
S’avança Freluquet qui, pour cette occasion,
Avait abandonné son uniforme rose

Pour un monokini en brocart de viscose.
Autour de lui flottait son parfum favori :
Tramontane d’anus. Le silence se fit.
Chevauchant un grizzli, Vladimir apparut.
« Mon Dieu, qu’il est viril, comme il est bien foutu ».
Avant qu’il eût fait ouf, Freluquet avait pris
Un crochet dans la poire et perdu deux molaires.
Suivit une mandale, un marron, trois mornifles.
Freluquet tituba et cracha trois ratiches.
Puis il dégringola, il se roula par terre,
Et se mit à pleurer. À coups de parapluie
Mamita intervint pour frapper le zozo
Qui avait fait bobo à son petit marmot.
« Je vais aller chercher notre meilleur ami »
Vladimir rigola « Joe a mis les bouts
Comme à son habitude, au Vietnam, à Kaboul.
Vous marchez sur la tête et n’avez rien compris
Soit vous êtes tarés, soit vous êtes pourris,
De vos amis vous faites, vos pires ennemis
Et chercher des amis, parmi vos ennemis. »
Moralité
« Mon Dieu, gardes moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge »
(Antigone II Gonatas de Macédoine)
(1)d'après "La Belle Hélène", de Jacques Offenbach
(2)d'après "le Cid" de Corneille
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