LES NOUVELLES FABLES DU PAYS FRANCIEN

"Des coutumes malsaines naissent les lois perverses" (Michel de l'Hospital)

LE MOUTON, LA HYENE ET LA GUENON
de la trahison de la justice

ar devant la guenon, qui depuis La Fontaine
Incarne la Justice, un mouton vint bêler
Contre les exactions de Latifa, la hyène :
«Les voitures sont brûlés, les magasins volés
Les mamies agressées, des fillettes violées,
Les autres grillagées et les rues nazifiées
Depuis que Latifa, avec votre soutien
Veut purifier la ville, des vestiges gaulliens »

« Vous avez tout compris » répondit la guenon
« Je vais vous renvoyer dans la fosse aux étrons
Pour sanctionner vos crimes, pour châtier vos péchés
Punir votre arrogance, et vous faire regretter
Cette blanche couleur, qui cache une âme noire »
« Je ne vous ai rien fait ! » « Mécréant, que dis-tu »
S’emporta le primate « L’an dernier à la foire… »
« Mais je n’y étais pas » «Serais-je donc crochu ? »
« Que nenni ! » « Serais-je un bonisseur ? » « Point du tout »
« J’affabule ? Je mens ? J’invente ? J’entourloupe ?
« Jamais dans mon esprit, ces pensées sont venues ! »
« Eh bien tu as grand tort, car les lois je vais tordre
Pour que ta bergerie soit le lieu de désordres
Qui feront disparaitre tout ton mode de vie.
Terminée la famille, père et mère ne sont plus;
On pourra se marier avec son boulingrin
Sa tante ou son cousin ». « Et pour faire des bambins ?
Approcher les donzelles, sera donc défendu ?"
« Evidemment, crétin !» «La méthode ancestrale
Est pourtant délicieuse, elle est fort agréable !»
« Quand j’entends de telles choses, je vois que j’ai raison
De sortir de prison, les gouapes et les darons
Pour y fourguer sitôt le tradi-conformiste,
Le facho face-de-craie, le cave et le lampiste.
Tu vas payer bourgeois, payer pour les feignants,
Les flemmards, les crevards et tous les immigrants »
« Mais c’est intolérable ! Notre démocratie
Ne peut pas tolérer une telle infamie !
J’irai voir Foutriquet, qui comme il l’a promis
Saura bien nous défendre.» «Mais mon pauvre couillon,
Des multiples façons qu’il y a d’être con
Tu as choisi la pire en votant pour un fion »

Des coutumes malsaines naissent des lois perverses
Michel de l'Hospital



fable précédente

        


fable suivante