LES NOUVELLES FABLES DU PAYS FRANCIEN

"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." (Max le menteur)

LE HIBOU ET LA GRENOUILLE
des tartuferies électorales

ous les feuilles dorées, d'un automne naissant,
Le peuple du sous bois s'assembla en convent
Pour choisir en son sein qui serait le meilleur.
Un vieil hibou grincheux, austère et trop savant,
Vint leur faire la leçon pendant de longue heures.
Il devisait fort juste, dénonçait les arsouilles
Célébrait la vertu. Arriva la grenouille.
Qui s'agite et frétille, gesticule et s'ébroue

Coasse et la voilà qui plonge dans la boue.
Immergée dans la vase, elle lâche une bulle,
Puis deux, puis trois. Bientôt, c'est toute une kyrielle
De ces gracieuses sphères, fines comme le tulle
Qui viennent iriser de dix mille soleils
La surface de l'eau ... une eau chargée de bourbe
De gadouille et de fange, de magouilles et de tourbe.
Si bien que chaque fois, qu'une bulle légère
Eclate à la surface, une odeur délétère
Empeste le sous bois. Les gogos n'en ont cure :
Ils raffolent d'esbrouffe, sans y voir d'imposture !
Les voilà qui se pressent sur le bord du marais
Pour applaudir du batracien tous les hoquets,
Qui fut bientôt choisi pour être leur vizir.
Sans plus attendre, son visage dévoila :
Derrière les promesses, il y avait du vent,
Il y avait aussi nombre de chenapans
Des crapauds pustuleux, venus d'Andalousie
Voler les parigots. Le sous-bois fut détruit,
Et quand s'en vint l'hiver, tout le monde périt.
Parigot, tête de veau, s'était fait cocufier;
Parigot, tête de chien, s'était fait entuber.

Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons
Mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont.
Max le menteur


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