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a famine régnait en pays des Gibbons.
Quand se fit un miracle : un flot de saucissons
S’abattit sur la jungle, aussitôt ramassés
Par les singes affamés. Mais comment les manger ?
Une vieille guenon, brouteuse de gazon,
Défaillit d’éréthisme en voyant les andouilles.
« Vous n’y connaissez rien, vous êtes des pedzouilles
Il faut les avaler, d’un seul coup, en entier. »
Un premier chimpanzé, jusqu’au fond du gosier,
S’enfonça la rosette … et faillit en crever.
« Il faut l’ébouillanter avant de l’engloutir »
«Que nenni, il faut la farcir, puis la rôtir. »
«Nullement, il faut l’ailler et la poivrer »
De mille et cent façons, tout fut envisagé
Pour que les chimpanzés puissent se régaler
En bâfrant le sifflard. Mais toujours sans succès :
Aux appétits, la cochonaille résistait
« Allons quérir l’avis de la chevrette effraie
Qui niche dans les bois. » « Par Esus, qu’ils sont sots ! »
S’exclama la nocturne, « Découpez en morceaux
Tous ces beaux saucissons, faites-en des rondelles,
Que ce soit du boudin ou de la mortadelle
Vous pourrez les manger selon votre appétence. »
Andouilles et sauciflards furent coupés en tranches.
Ainsi que le pouvoir, divisant pour régner,
Mille petits mensonges sont bien vite avalés,
Divide et impera (diviser pour régner)
François de Jarnac
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