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u conseil des nervis, Freluquet annonça
Qu’il irait dans les champs, expliquer aux crottés
Comment il leur fallait labourer, déchaumer
Ameublir, scarifier, pour gagner le combat
Faisant s’épanouir le modèle francien
Que le monde ébloui, sitôt adopterait.
Et voilà le menteux, visitant les terriens.
L’pé Mathieu, sur le seuil de sa ferme attendait.
« Et vous, le manuel, voulez-vous me confier
Quelque rude besogne, afin de vous apprendre
Comment il conviendrait que vous travaillassiez.»
«Ben, j’ai là du fumier qu’il conviendrait d’épandre.
Quand vous aurez fini, il faudra éplucher
Ce tas de pommes de terre.» En l’éclair d’un instant,
Le lisier, le purin, composts et excréments
Recouvrirent les champs comme un manteau de perles.
« Vingt dioux, c’est qu’il est fort pour remuer la merde
Mais avec les patates, y aura-t-il vinaigre ? »
Une heure, puis deux, puis trois lentement s’écoulèrent.
La soirée s’avançait sans aucun résultat.
Le fermier fort inquiet se rendit au cagna.
Freluquet se tenait, parmi les détritus,
Le portable à la main. « Ursula, m’entends-tu ?
Dis-moi que dois-je faire pour peler des patates. »
« Tout dépend du calibre, ma petite tafiate,
Du grain du tubercule. As-tu bien respecté
Le dernier règlement ? As-tu bien observé
La dernière ordonnance ? As-tu correctement
Remplis les formulaires ? Quand tu vas par les champs
As-tu au préalable purifié tes souliers ? »
« Ursula, aide-moi, je vais être botté »
Freluquet, hébété, restait là sur la fiente
Qu’il avait répandu en toute transparence.
L’pé Mathieu se fâcha : « Hormis de chienliter,
Tu ne sais donc rien faire ? Qui va tout nettoyer ? »
« Que voulez-vous mon bon, je fus plébiscité
Pour répandre la merde, non pour la ramasser.
Alors débrouillez vous. Moi, je vais voir Gabou
Qui m’attend au château pour lui faire un poutou.
Moralité :
Ceux qui remuent la merde, vous la feront bouffer
Gégé le roukmout
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