LES NOUVELLES FABLES DU PAYS FRANCIEN

"Qui fume des pétards, finira sans clabar." (Gégé le roukmout)

LA JUMENT VERTE
du cannabis et des pétards

autrée le cul dans l’herbe, à se curer les ongles
La jument ruminait en mal d’une défonce :
« Puis-je fumer de l’herbe, ou dois-je me shooter
Sniffer n’est pas sans risque, mais puis-je sans danger
Griller quelques pétards sans que ce soit fâcheux...
Car le danger sans risque demeure accidentel,
L’accident périlleux , le péril dangereux »
S’inquiétait la pouliche, en mal d’artificiel,
« Ce qui fait qu’au final, il puisse être probable
Que je sois en danger de me trouver coupable »
Après quelques bouffées, les pensées du bourrin,
Dans une marée noire, s’engluaient lentement.
La voilà qui divague : Les flots de l’océan
Se couvrent de phénix transmutés en rouquins,

Fantômes disparus d'un mai de turlupins.
La vision démentielle se fait un peu plus claire :
Une langue de bois sort d’un oléoduc
Pour bichonner sa prose devenue charbonnière ...
Le hachisch en délire lui plombe la perruque
Les verts ont disparu, demeurent les sieverts.
La carne n’en peut plus. Elle se réveille enfin.
La vision disparaît, le cauchemar prend fin.
Les brumes se dissipent, tout redevient pluriel.
Elle ouvre ses grands yeux, découvre devant elle
Une mer de mazout où quelques volatiles
S’empêtrent de naphta et se recouvrent d’huile.
Rien d’une catastrophe, tout juste une anicroche
Qui ne mérite pas qu’on lui en fit reproche.
Se drapant dans le vert des herbes thébaïques,
Elle pisse des promesses, qui mutent au sidaïque
Dès que sont dissipées les brumes cannabiques

Elle décide alors d’aller pateliner
Les pécheurs de l’île d’Yeu devenus tous bronzés,
Tant ils ont pelleté de diphénylheptane.
L’accueil est bitumeux. On offre à l'opiomane
Des galettes bretonnes à la mode érika.
Sans songer à éteindre sa clope qui flamboie,
La voilà qui se penche pour pouvoir s'empiffrer.
Un relent de méthane s'élève du gâateau.
C’est le coup de grisou ! La voilà goudronnée,
Et couverte de plumes, de la tête aux sabots
Ainsi qu’il est d’usage pour ceux qui ont triché.

Qui fume des pétards
Finira sans calbar
Gégé le roukmout



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