LES NOUVELLES FABLES DU PAYS FRANCIEN

"On est jamais si bien volé que par ceux qui vous plaignent" (Jean Baptiste Botul)

LA MALEDICTION DES FRANCIENS
des mensonges perpétuels de la gôche

l y a dix mille ans, en lointaine Thulé,
Naquirent les états qui formeraient la terre.
Et pour chacun des peuples, tour à tour une fée
Prodigua un talent, un don, un savoir-faire :
La Grande Brittonie, l’Helvétie, l’Italie …,
Furent dotées selon ce que voulaient les fées.

Et vint le grand moment: Dans un berceau d’osier,
Dormait un chérubin, incarnant la Francie.
Les fées se concertèrent pour lui attribuer
Les cadeaux les plus nobles. Pour ce petit bébé
Rien ne fut assez beau. Il eut tout, le génie,
Les arts, la connaissance, un pays admirable …
Quand soudain, retentit tout au fond de la salle
Une voix égrillarde. « Vous m’avez oubliée,
Vous m’avez écartée de la distribution ! »
C’était la fée Harpie qui venait se venger !
« A tous ces beaux talents, il faut une correction »
Elle saisit sa baguette puis effleura l’enfant
Et proféra : «Tu n’auras point de jugement.
Tu mélanchoneras : gentils seront méchants,
Méchants seront gentils, pervers seront charmants.
Vertu sera de gôche, de droate, les truands.
La droate sera gauche, la gôche fort adroite,
Tu ne verras à droate qu’arnaque et tromperie,
Que voleurs et menteurs, des tricheurs, des pourris,
Alors qu’en gôcherie, la morale et le droit,
La loyauté, l’intégrité, la chasteté,
La justice et le bien, la virtuosité
Te sembleront les dons qui parent Sénestré.»
Et la malédiction devint réalité
Lorsqu’un beau jour de mai, Franciens durent voter.
Foutriquet fut élu. C’était le changement !
Le grand chambardement, le grand bond en avant.
Le mouflet proclama, prenant un air savant,
« Hier, c’était derrière. Devant, c’est maintenant »
Têtes baissées dans le mur, tous les franciens foncèrent,


«Hou la la, ça fait mal" rigola le mouflet
«Je comprends votre émoi, mes pauvres merdelets
Mais je n'y peux rien faire: vous gobez sans arrêt
Les bobards qu'on vous sert. Cocus toujours serez !
Comme vous m'avez élu, je vais donc faire de vous
Des chômeux, des pouilleux, des miteux, des fauchés.
Vous pourrez patauger dans la boue jusqu'au cou,
Et vous pourrez chanter comme le gallinacé
Qui orne votre écu, les pieds dans le lisier

On est jamais si bien volé que par ceux qui vous plaignent
Jean Baptiste Botul


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