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Un charlatan perfide, plongea dans un chaudron
Des raines et des grenouilles, charnues et potelées.
« Mais il n’y a pas d’eau, comment pouvoir nager ? »
« Ne vous inquiétez pas », répondit le félon,
« Ca va bien se passer », et de leur balancer
Un grand baquet d’eau fraiche. « Mais cette eau est glacée ! »
« Laissez-moi donc le temps, d’allumer un bon feu
Sous votre casserole. Ca va bien se passer ! »
Les batraciens barbottent, se mettent à coasser,
En louant haut et fort, les dons du maître queux.
« Comment avons-nous pu douter de notre Roy ?
Il est beau, il est jeune, il est surdiplômé.
Il nous mène en douceur vers la félicité »
Le tartuffe en profite pour rajouter du bois.
Une exquise chaleur dans le bain se répand.
L’eau qui était tiédasse, s’échauffe lentement.
Le fourbe ajoute un chou, un oignon, des anchois.
« Mais que fais-tu donc là ? Tu prépares une soupe ? »
« C’est pour votre confort, c’est pour donner du goût
Au bouillon qui vous baigne.» L’eau se met à frémir.
« Mais c’est beaucoup trop chaud » L’eau se met à bouillir.
« Aie, aïe, aïe, c’est brûlant, tu vas nous faire cuire »
« Plutôt que vous griller, vous rôtir ou vous frire
J’ai préféré vous cuisiner à l’étuvée
C’est plus écologique, et ça c’est bien passé. »
"Cabotin ne grimace, que pour mieux t’estouffer"
(Rabelais)
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