LES NOUVELLES FABLES DU PAYS FRANCIEN

"Nature a ses raisons qu’homme et femme entendront" (Michel de Montaigne)

LE COQ ET LES POULES
de la confusion des sexes

e leur sort à la cour, les poules se soucièrent :
« Un oeuf pour chaque jour devons à la fermière,
Notre plumage est triste, nous ne pouvons chanter,
Alors que messire Coq les pieds dans le fumier
Prétend ouvrir la course au charroi de Phebus.
Ce mâle prétentieux nous impose ses ruts,
Tous les jours dans la paille, ses assauts subissons ! »
Le temps était venu d’une révolution.
Pour plaire aux damoiselles, le conseil des guenons
Décida de gommer l’affront de la Nature.
On greffa des ergots, on fit des ligatures
Les coqs furent plumés, on en fit des chapons
Les poules devinrent coqs ; les coqs devinrent poules
Les coqs étaient des poules tout en étant des coqs.
Les poules étaient des coqs tout en étant des poules.
Les coqs devenu.e.s poules, aimèrent alors les coqs ;
Les poules deven.u.s coqs, aimèrent alors les poules.
Il devint un délit que d’être un hétéro;
Poussin il n’y eut plus ; le monde était homo.
Basse-cour en un an disparut à vau l’eau

Nature a ses raisons
Qu’homme et femme entendront
(Michel de Montaigne)



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